Des chercheurs du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et de l’Institut Curie ont identifié un biomarqueur qui permet de distinguer parmi les patientes atteintes de la forme la plus fréquente de cancer du sein, si la tumeur est de bon ou de mauvais pronostic. Une avancée qui évitera de traiter inutilement par chimiothérapie les femmes qui n’en ont pas besoin.
Les cancers luminaux A sont la forme plus fréquente des cancers du sein.
La forme la plus fréquente des cancers du seinParmi les
cancers du sein, les cancers luminaux sont les plus fréquents. Le terme luminaux correspond à une atteinte des gènes qui codent pour les cellules des canaux ou des lobes du sein. Il existe des cancers luminaux A et B. Les premiers représentent la forme la plus fréquente des cancers du sein (25 à 45 % des cancers).Jusqu’à aujourd’hui, l’appréciation de l’agressivité de ces tumeurs repose sur des critères cliniques et biologiques comme l’âge au moment du diagnostic, la taille et le grade de la tumeur, les récepteurs hormonaux et HER2. Selon Zachary Gurard-Levin, post-doctorant dans l’équipe Dynamique de la chromatine du CNRS/Institut Curie, “les tests en cours de développement ou d’étude reposent uniquement sur des signatures génomiques et aucun n’a réellement fait ses preuves“.Résultat : faute de pronostic précis, “60% des femmes porteuses de ce type de tumeur se voient administrer une
chimiothérapie. Or on sait que seule la moitié d’entre-elles en a réellement besoin, tandis que pour les autres, la chimiothérapie sera inutile“ précise Geneviève Almouzni, responsable de l’équipe Dynamique de la chromatine.Une expertise en épigénétiqueRappelons que nos gènes (notre génome) sont constitués de séquences d’
ADN, une sorte de partition déjà écrite. L’épigénétique est en revanche l’ensemble des modifications réversibles et transmissibles de l’expression des gènes. Autrement dit, l’épigénétique correspond à la lecture et l’interprétation de nos gènes.Les modifications épigénétiques constituent donc l’un des fondements de la diversité biologique et est en grande partie influencée par l’environnement (notre activité physique, notre alimentation, etc.). Le CNRS et l’Institut Curie ont une expertise reconnue en épigénétique.De l’épigénétique au nouveau marqueurLe CNRS et l’Institut Curie ont allié leur expertise et se sont intéressés aux données épigénétiques des tumeurs de 1127 patientes pour dresser une cartographie qui leur a permis d’identifier plusieurs protéines plus fortement exprimées dans les formes prolifératives de cancers du sein (luminal B, Her2+, basal-like), protéines qui n’étaient pas présentes dans le type luminal A.Les chercheurs ont ensuite vérifié les échantillons de 71 patientes de l’Institut Curie et ont découvert un marqueur efficace pour distinguer clairement et rapidement les deux formes de cancers luminaux (A et B).Plus important encore, les chercheurs ont pu découvrir un biomarqueur permettant de distinguer, parmi les cancers luminaux A, ceux de bon et de mauvais pronostic. Il s’agit de la protéine HJURP, un chaperon de l’histone (un chaperon est une protéine dont la fonction est d’assister d’autres protéines dans leur maturation, dans le cas présent, l’histone).Devant cette découverte importante, Geneviève Almouzni conclut : “En intégrant l’analyse de ce facteur épigénétique, nous devrions être à même de mieux prédire les risques de récidive chez les patientes. Ce travail montre que l’épigénétique apporte clairement des informations complémentaires et importantes concernant le risque évolutif de la tumeur“.Dr Jesus CardenasSource :Communiqué de presse du CNRS et de l’Institut Curie de 16 décembre 2014 : « Cancer du sein – Un biomarqueur épigénétique pour éviter des chimiothérapies inutiles » (
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